En lien avec le PROJEG (Programme concerté de Renforcement des capacités des Organisations de la société civile et de la Jeunesse Guinéennes), collectif dont notre association est membre, ESSENTIEL est signataire du communiqué ci-dessous.
La plus grande menace pour les pays touchés par Ebola aujourd’hui n’est pas le virus, mais l’isolement qu’on leur impose. 249 organisations françaises et guinéennes appellent à une communication moins stigmatisante et plus pédagogique autour du virus. Elles demandent en outre le rétablissement des relations commerciales et de coopération avec les pays touchés.
La plus grande menace pour les pays touchés par Ebola aujourd’hui n’est pas le virus, mais l’isolement qu’on leur impose. 249 organisations françaises et guinéennes appellent à une communication moins stigmatisante et plus pédagogique autour du virus. Elles demandent en outre le rétablissement des relations commerciales et de coopération avec les pays touchés.
Jusqu’à présent, l’action
médiatique et la communication autour d’Ebola ne participent pas à résorber la
crise. Bien au contraire. Elles alimentent fantasmes et psychoses : en Guinée,
les individus touchés par Ebola, de peur d’être mis à l’index de la société,
rechignent à se rendre dans les centres de santé, augmentant ainsi la
propagation de la maladie.
Dans les pays non touchés, la
peur du virus est telle qu’elle entraîne des mesures contre-productives. Par
exemple, le Sénégal, qui a fermé sa frontière avec la Guinée, ne fait
qu’encourager les passages clandestins, nuisant ainsi au contrôle sanitaire et
accroissant les risques de propagation de l’épidémie.
Cet isolement est une double
peine pour les pays atteints par le virus. Depuis l’apparition d’Ebola, les prix
des denrées alimentaires de première nécessité ont augmenté de 24% (selon le Programme Alimentaire Mondial) et la
pénurie alimentaire gagne du terrain. Les investissements ainsi que tous les
projets de développement sont à l’arrêt ou au ralenti. En Guinée, la croissance
du PIB a déjà diminué de 2 à 3%. Importations et exportations ont chuté et sont
devenues mêmes impossibles avec le Sénégal. Ecoles et universités sont fermées.
Et le risque de déstabilisation politique est grand, notamment dans un pays qui
fait ses premiers pas sur le chemin de la démocratie.
Nous demandons aujourd’hui que
décideurs politiques et médias adoptent un langage de raison et une
communication pédagogique, permettant de faire face aux périls et non de les
aggraver. La stigmatisation des personnes atteintes ou soupçonnées de l’être et
l’isolement des pays touchés doivent cesser. Les conséquences sanitaires mais
aussi économiques, sociales et politiques pour la Guinée, la Sierra Leone et le
Libéria, pourraient sinon s’avérer pires encore.
France : Aide et Action,
Association des Jeunes Guinéens de France (AJGF), Association Normandie Guinée,
CFDT, CGT, Cités Unies France (CUF), Comité Catholique contre la Faim et pour
le Développement (CCFD), Comité Français pour la Solidarité Internationale
(CFSI), Collectif Urgence Ebola Nord-Pas de Calais, Coopération Atlantique
Guinée 44, Coordination des Associations Guinéennes de France (CAGF), Conseil
National des Jeunes Guinéens de France (CNJGF), Educetera, Essentiel, Etudiants
et Développement, GRDR, Ligue des droits de l’Homme, l’Homme, Solidarité
Laïque.
Guinée (les 12 premières) :
Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), Union Syndicale des
Travailleurs de Guinée (USTG), Conseil National des Organisations de la Société
Civile Guinéenne (CNOSC), Plateforme des Citoyens Unis pour le Développement
(PCUD), Coordination Nationale de la Société Civile (CONASOG), Confédération
Nationale des Organisations Paysannes de Guinée (CNOPG), Les Mêmes Droits pour
Tous (MDT), Agence de Coopération et de Recherche pour le Développement
(ACORD), Apek Agriculture, BCDora, Enfance du Globe, Association pour le
Développement Communautaire.
Contact Presse : Anne Cassiot –
01 55 25 70 13