samedi 1 janvier 2011

L'association FRATERNITE MEDICALE GUINEE.

Fraternité Médicale Guinée (FMG) est une ONG guinéenne, partenaire de Nantes-Guinée, notamment pour le volet médical du projet d'appui au développement des mutuelles de santé.

L'association FMG a été créée le 26 novembre 1994 par 9 jeunes médecins. C'était l'aboutissement d'un travail mené depuis 1987 par un groupe d'étudiants de la faculté de médecine de Conakry.

FMG délivre des soins primaires dans 4 centres de santé, 3 à Conakry, 1 à Kindia (développé avec la communauté depuis 2004 avec création d'un centre de santé en 2006, prise en charge de la maladie mentale…).

Chaque centre comporte :

* un médecin directeur
* une sage femme
* des agents techniciens de la santé (ATS), pour les soins, les vaccinations, les séances de nutrition et pour seconder le médecin, la sage-femme…
* des techniciens de laboratoire qui s'impliquent dans des programmes verticaux (tuberculose, lèpre, Sida) au niveau du dépistage, du suivi…
* un travailleur social (assistante sociale…)

L'effectif total est de 53 personnes.

A cette activités de soins de base, s'ajoutent des programmes spécifiques (faisant intervenir médecins et travailleurs sociaux)

1. Un programme de prise en charge de la santé mentale et de l'épilepsie, avec des démarches à domicile pour incitation à fréquenter les structures de soins.

Rappel : il n'y a aucune prise en charge de la maladie mentale en Guinée, les malades mentaux restant quelquefois enchaînés dans les maisons.

2. Un programme de réduction de la vulnérabilité des personnes atteintes du VIH et du SIDA, prostituées et leurs clients.

* prise en charge du Sida et des infections sexuellement transmissibles (IST)
* interventions sur le terrain (bars…) avec dépistage, traitement, orientation vers les structures de soins et suivi
* incitation des prostituées à devenir des co-éducatrices (formations sur le SIDA, les IST..)
* appui pour des activités génératrices de revenus avec une ONG sénégalaise (17 personnes concernées par des crédits pour des activités de remplacement)

NB. Pour éviter une stigmatisation, le suivi des prostituées et celui des malades mentaux se fait dans les centres de santé et non pas dans des structures spécifiques,.

3. Un programme de renforcement des capacités d'ONG et d'associations guinéennes dans le domaine de la santé (programme Relais, initié en collaboration avec 2 associations, l'AFVP et SONGES).

A cela s'ajoute aujourd'hui une réponse à un appel d'offre du Fonds Solidarité Sida Afrique pour la prévention et la prise en charge médicale et psychosociale des IST/VIH/SIDA à Conakry et à Pita en partenariat avec Nantes-Guinée et en lien avec l'investissement de la Région des Pays de la Loire dans le Fonds Solidarité Sida Afrique.

FMG a comme partenaires :

* Une ONG du Sénégal, "aide au 1/3 monde"
* L'UNICEF
* CMLC, ONG italienne, dans le champ de la santé mentale dans le cadre de la reconversion de la dette
* Nantes-Guinée

Autres partenaires pour des programmes spécifiques (GTZ, coopération allemande, sur les mutilations féminines), PNS (Programme national SIDA), CNLS (Coordination nationale SIDA).

FMG participe à toutes les instances du service public : comités techniques communal, régional, national (mais invitations non systématiques pour le national).

Contact Dr Sow samoa.gui@biasy.net

Du tourisme solidaire en Guinée…

Du tourisme solidaire en Guinée…

L'association "FOUTA TREKKING AVENTURE" propose des randonnées dans le Fouta Djallon en groupe sur 6 jours, ou à la journée.

Contact FTA (Fouta Trekking Aventure). BP 120. LABE Guinée Conakry.
60 57 02 79 / 60 23 10 48
www.foutatrekking.org

LE PROJET DE "MEDECINE DE FAMILLE EN GUINEE".

LE PROJET DE "MEDECINE DE FAMILLE EN GUINEE".

Une mutuelle de santé doit garantir un accès aux soins à ses adhérents et pour cela disposer des services de médecins et d'infirmiers privés et/ou de centres et postes de santé publics. Mais comment concilier une offre de soins de qualité, une bonne gestion des mutuelles indispensable à leur développement et un mode d'exercice qui permettent aux soignants des conditions de travail et de vie décentes ? De cette réflexion, confrontée à l'expérience de Santé sud au Mali et à Madagascar est née l'idée de travailler sur le concept de "médecine de famille en Guinée".

L'idée retenue est que les médecins de famille guinéens du XXIème siècle :

*
puissent exercer leur métier et en vivre,
*
délivrent des soins à toute la population, notamment aux populations rurales,
*
acceptent et développent un mode exercice prenant en compte le soin, mais aussi la prévention, la dimension communautaire,
*
s'engagent à une pratique médicale de qualité supposant un savoir (formation initiale et continue), un savoir faire (réponses adaptées aux besoins et aux moyens), un savoir être (qualité de l'accueil, respect des malades, écoute...)
*
s'inscrivent dans une démarche partenariale avec les mutuelles de santé, quand elles existent.

Pour définir cette notion succinctement par la négative : il ne faut pas que la seule perspective des médecins guinéens soit un exercice limité à Conakry, de statut précaire, avec une pratique isolée, de faible impact sur l'état de santé de la population, sans lien significatif avec les besoins. La plupart des expériences menées dans le secteur privé montrent que les médecins ne sont jamais seuls ; leur mode d'exercice s'inscrit au sein d'une structure regroupant des compétences complémentaires (techniciens de laboratoire, infirmières, sages-femmes), d'autres employés complètent le dispositif. Ces compétences représentent des professionnels de santé exerçant la médecine de famille.

En préalable trois conditions sont indispensables pour y parvenir :

1.
la volonté partagée par le Ministère de la santé publique et le Gouvernement guinéens et leurs soutiens à un tel projet,
2.
l'association des médecins guinéens au processus, tant au niveau de la conception que de la réalisation, en privilégiant une démarche "volontaire" pour les projets pilotes retenus,
3.
l'appui des partenaires au développement et la mobilisation de moyens pour en permettre la réalisation.

Potentialités existantes.

Sur le plan d'une expérience pilote à définir des potentialités sont pressenties avec :

*
les projets et les réalisations déjà menés, entre autres, par SPLS, par "Fraternité Médicale Guinée" (FMG)...
*
la volonté affichée des Doyens des facultés de médecine de Conakry et de Nantes à s'engager dans un projet d'accompagnement professionnel des médecins de famille "candidats" (programme d'apprentissage/compagnonnage) à partir du projet professionnel du médecin de famille propre à la GUINEE (formation continue). Cette volonté se retrouve dans la volonté de développement d'une formation initiale en réponse aux besoins prioritaires de la population et dans l'intention de travailler en partenariat avec les autres acteurs (Nantes-Guinée, SPLS, FMG...) sur le concept de médecine de famille (par exemple, les médecins des centres de FMG et de SPLS pourraient être des maîtres de stage pour les étudiants de dernière année de médecine),
*
l'existence de mutuelles de santé permettant un accès aux soins et par là même offrant un débouché professionnel aux médecins,
*
des communautés partenaires : le médecin de famille doit participer au programme de développement de la communauté, c'est-à-dire oeuvrer à sa mise en œuvre et encourager les initiatives porteuses (système de solidarité sous toutes ses formes, avec par exemple les mutuelles).

De plus, la mobilisation de formateurs de l'Université de Laval et de Sherbrooke déjà intervenus dans le contexte de l'évaluation externe de la faculté de médecine de Conakry (mission CIDMEF/OMS, nov.-05) permettrait un apport d'expertise dans l'élaboration des curricula relatifs aux compétences attendues du futur médecin de famille en réponse aux problèmes de santé en GUINEE

Il pourrait paraître paradoxal de vouloir concrétiser avant d'avoir adopté une définition commune, mais le partenariat mis en place, sur les îles de Loos, entre "Nantes-Guinée", SPLS et la MUSIL doit pouvoir constituer une expérience pilote qui va dans le sens de l'idée de "médecin de famille" et qui mérite, à ce titre, d'être prise en compte dans le cadre d'une démarche de recherche-action.

La mutuelle (Musil), appuyée par "Nantes-Guinée" permet un accès aux soins pour les mutualistes dans le cadre d'une démarche participative fondée sur les valeurs de solidarité et elle offre un outil de travail aux professionnels de santé de SPLS (par délégation du service public). A la responsabilité économique (après sensibilisation à la gestion) du médecin de SPLS détaché, s'ajoute son rôle à jouer (avec d'autres) dans la définition de la notion de médecine de famille en harmonie avec sa pratique.


AVANCEE DU PROJET, PERSPECTIVES DE TRAVAIL...

Depuis juin 2006, un groupe de travail s'est constitué à Conakry, avec le Dr Le Vigouroux, le Pr Moussa Koulibaly, Doyen de la faculté de médecine, le Dr Sow de FMG et le Dr Sauyers de SPLS, en lien avec le Dr Coutant à Nantes.

Le concept de "médecine de famille" a pu être précisé et l'étape suivante sera la tenue d'un séminaire national à Conakry réunissant étudiants en médecine, jeunes diplômés en voie d'insertion, autres professionnels de santé (sages-femmes, infirmières), organismes de formation, représentants des usagers, leaders d'opinion... Il s'agira de partager les expériences en cours et d'échanger des informations pour faire un état des lieux de la médecine de famille, de mener une réflexion concernant le projet de promotion de la médecine de famille en Guinée au XXIème siècle, de voir comment aider à l'insertion professionnelle des futurs professionnels de la médecine de famille en tenant compte des déséquilibres zone urbaine / zone rurale, de voir comment intégrer l'approche santé dans les projets de développement à l'échelon local...

Parallèlement les acteurs impliqués dans le projet vont travailler à la définition de profils professionnels souhaités pour la pratique de la médecine de famille, dans des domaines qui relèvent directement de leurs compétences et qui correspondent aux réalités du terrain en GUINEE ; par exemple l'hygiène des locaux, la qualité de l'accueil, la compétence des agents de santé, les référentiels utilisés pour les diagnostics et les traitements, l'usage des examens complémentaires, la bonne gestion de la pharmacie, l'organisation du suivi des malades, la définition et la réalisation de programmes de prévention, la mise en place d'une formation continue adaptée (échanges de pratiques...), les connaissances et les compétences à avoir pour une bonne gestion...


***

S'il était indispensable de rappeler ci-dessus les trois conditions préalables à remplir pour amorcer un travail sur un projet de médecin de famille en Guinée (volonté des autorités guinéennes, participation des médecins guinéens, appui et obtention de moyens), son développement suppose encore l'adhésion et la participation d'autres acteurs partageant les mêmes objectifs tout comme la découverte de réalisations similaires menées ailleurs.

A la notion de démarche participative de la population en santé communautaire, il faudra demain associer la démarche participative des soignants en médecine de famille.


Les acteurs à l'initiative du projet :

Le Docteur Alain Le Vigouroux (Ministère Français des Affaires Etrangères) est Conseiller du gouvernement en santé publique, chargé des questions de gestion et formation des ressources humaines en santé. A ce titre, il participe à l'élaboration, à la mise en œuvre et au suivi du plan de développement des personnels médicaux et paramédicaux, à la poursuite de la réforme du contenu pédagogique des enseignements, afin qu'ils soient mieux adaptés aux nécessités du pays, ainsi qu'à la restructuration pédagogique de la FMPOS (Faculté) en consolidant les appuis des partenaires hospitalo-universitaires en cours (CHU de Nantes, Rennes et Toulouse).

Le Docteur Daniel Coutant, Président de "Nantes-Guinée", a eu en particulier une expérience de médecin de centre de santé expérimental à St Nazaire puis de réseau de santé et de médecin généraliste enseignant à la Faculté de médecine de Nantes, avant d'être chargé de mission en prévention et promotion de la santé à Mutuelle Atlantique à Nantes. L'Association "Nantes-Guinée" est composée de la Mutualité de Loire Atlantique, de Mutuelle Atlantique et du Comité central d'entreprise, de la Ville de Nantes et du CHU de Nantes.

Le Professeur Moussa Koulibaly, Doyen de la Faculté mixte de médecine, pharmacie et odontostomatologie (FMPOS) de Conakry, mène avec son équipe un processus de changement se traduisant par la mise en place d'un plan d'action stratégique institutionnel dont les priorités ont été retenues lors d'une évaluation externe menée par une équipe de pairs francophones

Le Docteur Abdoulaye Sow est coordonnateur du projet associatif "Fraternité Médicale Guinée" ; fonctionnant depuis plusieurs années dans la banlieue de Conakry. Ce projet regroupe plusieurs dispensaires de soins comprenant des compétences complémentaires (médecins, sages-femmes, infirmières, laborantins). La compétence des professionnels de santé est reconnue à l'extérieur de Conakry par la population. Ce projet a été appuyé par la Coopération française et la coopération japonaise. L'Institut médical tropical (IMT) d'Anvers reste le partenaire privilégié du projet.

Contacts : Dr Alain Le Vigouroux alvbmw@yahoo.fr ; Dr Daniel Coutant : dcoutant@club-internet.fr


Projet "Médecine de famille en Guinée". Octobre 2006.

LE PARTENARIAT VU DU SUD.

Le Docteur Abdoulaye Sow est le Directeur de Fraternité Médicale Guinée (FMG www.ong-fmg.org). Il a écrit pour la Revue Pratiques* N° 46, un article relatant la création de FMG et les valeurs qui y sont toujours défendues.

En 1987, un groupe d’étudiants de Conakry décide de créer une association « savante » à vocation humanitaire. C’est la naissance du cercle scientifique de la Faculté de médecine de Conakry.

Cette association composée d’étudiants de toutes les promotions se donne pour objectif de venir en aide à leurs pairs pour acquérir d’autres connaissances que celles données par la Faculté. Il s’agit de mettre sur pied, au sein de la Faculté, des conférences débats, des concours scientifiques, de diffuser des communiqués de presse, d’établir des contacts avec les autorités… Parallèlement, ces étudiants se mettent au service de la population en organisant des campagnes de sensibilisation, des séances de vaccinations de masse, etc. Les pionniers soutiennent leurs thèses et effectuent des stages dans les hôpitaux nationaux, des vacations dans les cliniques privées…, avec des engagements qui sont confortés en 1994 à l’occasion d’une épidémie de choléra. L’épidémie se déploie sur tout le territoire, mais particulièrement à Conakry avec une forte mortalité dans les quartiers pauvres et enclavés. La dynamique d’entraide du départ est relancée avec des médecins qui sortent de la Faculté. Coïncidence heureuse ou malheureuse, à la même époque, ces jeunes médecins sont révoltés de leur situation dans les hôpitaux nationaux où ils sont mal reconnus socialement (pas de salaires, aucune responsabilité dans la gestion des services, mais des jours de gardes et de permanences qui se succèdent). Neuf d’entre eux décident de s’extraire de leur situation de chômeur ou plutôt de « travailleur sans salaire, ni reconnaissance ». Ils créent ainsi leur amicale de médecins qu’ils baptisent « Fraternité Médicale Guinée » (FMG). La vocation de départ ne change pas, mais se professionnalise avec comme objectif : apporter une assistance médico-sociale aux personnes en détresse, où qu’elles se trouvent, et leur redonner espoir.

De la clandestinité à la reconnaissance.
Très tôt appréciée par la population et les institutions internationales, FMG mettra un an pour être reconnue par les autorités administratives et quatre ans contre vents et marrés par les Autorités sanitaires. Elle dispensait déjà, dans la « clandestinité », des soins dans deux centres de santé qu’elle a créés avec les cotisations de ses membres qui travaillent bénévolement dans les quartiers, en mettant leurs compétences au service de la population. FMG gagne la sympathie de MSF Belgique. Finalement, mis devant le fait de la reconnaissance de la population des quartiers desservis, de la pression des institutions internationales (OMS, Union européenne) et des ONG (MSF Belgique), le ministère de la Santé signe avec FMG la première convention tant attendue et l'autorise à délivrer à la population des soins qu’elle recevait déjà avec satisfaction…

Pas d’humanitaire au sud, sans se préoccuper du développement…
Au Sud où le seuil de pauvreté est supérieur à 40 % dans plusieurs pays, toute démarche à visée humanitaire devrait être assortie d’une ferme volonté de développement, ce qui suppose des choix pertinents. C’est en cela que FMG s’attelle aujourd’hui. A son actif, quatre services de santé de premier échelon, dix préfectures et cinq communes urbaines couvertes par ses actions : santé mentale, prise en charge médicale et psychosociale des groupes vulnérables (PVVIH, enfants de rues, professionnels du sexe, malades tuberculeux…), lutte contre les mutilations génitales féminines, appui à l’offre de soins dans le développement des mutuelles de santé, formation et encadrement des étudiants…, avec 60 salariés, une vingtaine de bénévoles et une équipe de direction à l’avant-garde. C’est ce qui fait aussi que FMG, sollicitée par pratiquement toutes les ONG du Nord impliquées dans le champ de la santé, les oblige de fait, à des relations partenariales fondées sur le respect réciproque, en référence à des valeurs affichées et se traduisant par du « donnant donnant », un concept qui n’a rien de péjoratif ici, mais qui, au contraire, donne tout son sens à la solidarité et à l’humanitaire. *Revue Pratiques