mercredi 19 novembre 2014

Ebola en Guinée : Quels impacts au quotidien ?

Dans le cadre de la présence d'un de ses partenaires guinéens en France, ESSENTIEL organise un temps d'échange sur le contexte actuel en Guinée : 


Ebola : Soutenons le personnel soignant !


Face à l’épidémie Ebola qui touche actuellement la Guinée (1698 cas, 982 décès), ESSENTIEL et ses partenaires sur place se mobilisent pour collecter des fonds afin de fournir le matériel de soin nécessaire au personnel de santé.
 
Les préfectures de Dalaba, Pita et Labé où travaillent nos partenaires guinéens ont été touchées plus tardivement par des cas liés principalement aux déplacements de population et au rapatriement des corps des défunts.

Les dons récoltés permettront l'achat et l'acheminement de kits de santé (gants, kits de lavage des mains et chlore) pour équiper les 29 centres et postes de santé conventionnés avec les mutuelles du projet Santé pour Tous et les sièges des 12 mutuelles de santé pour 6 mois : FMG (Fraternité Médicale Guinée), en lien avec ONAM (Organisation Nationale d'Appui à la Mutualité) et le REMUFOUD (Réseau des Mutuelles du Fouta Djallon) sera en charge d’acheter sur place le matériel nécessaire et de le distribuer.
 
Pour cet appui, ESSENTIEL a mis en place une collecte de 5000 euros . Cette action sera effectuée en relais de l’aide internationale prévue pour limiter la propagation du virus dans la zone.
 
 
http://www.helloasso.com/associations/essentiel/collectes/ebola-en-guinee

 

lundi 17 novembre 2014

Les promoteurs de la protection sociale rencontrent les Ministères

Rencontre avec les personnes référentes  de PPSOGUI aux Ministères de l’Action Sociale, de la Décentralisation et de la Santé.
 
ESSENTIEL appuie, aux côtés d’autres coopérateurs internationaux - tels que Solidarité Mondiale et l’Alliance Nationale des Mutualités Chrétiennes Belges - les acteurs guinéens de la protection sociale réunis au sein du réseau des Promoteurs de la Protection Sociale en Guinée (PPSOGUI). Ce réseau d’acteurs se concerte pour la promotion de la mutualité auprès des pouvoirs publics de la protection sociale.
En octobre 2014, le réseau PPSOGUI a rencontré les interlocuteurs du mouvement mutualiste des Ministères de l’Action Sociale, de la Décentralisation et de la Santé. Ces rencontres ont pour objectif une implication effective de tous les acteurs – société civile et pouvoirs publics - au développement de la protection sociale en Guinée.
Un atelier national sur la protection sociale doit être organisé en 2015 avec l’implication de toutes les parties prenantes – Ministères de l’Action Sociale, de la Décentralisation et de la Santé, PPSOGUI, …

lundi 10 novembre 2014

Communiqué de presse Ebola : Isoler le virus, pas le pays

En lien avec le PROJEG (Programme concerté de Renforcement des capacités des Organisations de la société civile et de la Jeunesse Guinéennes), collectif dont notre association est membre, ESSENTIEL est signataire du communiqué ci-dessous.


La plus grande menace pour les pays touchés par Ebola aujourd’hui n’est pas le virus, mais l’isolement qu’on leur impose. 249 organisations françaises et guinéennes appellent à une communication moins stigmatisante et plus pédagogique autour du virus. Elles demandent en outre le rétablissement des relations commerciales et de coopération avec les pays touchés.
 
Jusqu’à présent, l’action médiatique et la communication autour d’Ebola ne participent pas à résorber la crise. Bien au contraire. Elles alimentent fantasmes et psychoses : en Guinée, les individus touchés par Ebola, de peur d’être mis à l’index de la société, rechignent à se rendre dans les centres de santé, augmentant ainsi la propagation de la maladie.
Dans les pays non touchés, la peur du virus est telle qu’elle entraîne des mesures contre-productives. Par exemple, le Sénégal, qui a fermé sa frontière avec la Guinée, ne fait qu’encourager les passages clandestins, nuisant ainsi au contrôle sanitaire et accroissant les risques de propagation de l’épidémie.
Cet isolement est une double peine pour les pays atteints par le virus. Depuis l’apparition d’Ebola, les prix des denrées alimentaires de première nécessité ont augmenté de 24% (selon le Programme Alimentaire Mondial) et la pénurie alimentaire gagne du terrain. Les investissements ainsi que tous les projets de développement sont à l’arrêt ou au ralenti. En Guinée, la croissance du PIB a déjà diminué de 2 à 3%. Importations et exportations ont chuté et sont devenues mêmes impossibles avec le Sénégal. Ecoles et universités sont fermées. Et le risque de déstabilisation politique est grand, notamment dans un pays qui fait ses premiers pas sur le chemin de la démocratie.
Nous demandons aujourd’hui que décideurs politiques et médias adoptent un langage de raison et une communication pédagogique, permettant de faire face aux périls et non de les aggraver. La stigmatisation des personnes atteintes ou soupçonnées de l’être et l’isolement des pays touchés doivent cesser. Les conséquences sanitaires mais aussi économiques, sociales et politiques pour la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, pourraient sinon s’avérer pires encore.

France : Aide et Action, Association des Jeunes Guinéens de France (AJGF), Association Normandie Guinée, CFDT, CGT, Cités Unies France (CUF), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), Collectif Urgence Ebola Nord-Pas de Calais, Coopération Atlantique Guinée 44, Coordination des Associations Guinéennes de France (CAGF), Conseil National des Jeunes Guinéens de France (CNJGF), Educetera, Essentiel, Etudiants et Développement, GRDR, Ligue des droits de l’Homme, l’Homme, Solidarité Laïque.
Guinée (les 12 premières) : Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG), Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSC), Plateforme des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD), Coordination Nationale de la Société Civile (CONASOG), Confédération Nationale des Organisations Paysannes de Guinée (CNOPG), Les Mêmes Droits pour Tous (MDT), Agence de Coopération et de Recherche pour le Développement (ACORD), Apek Agriculture, BCDora, Enfance du Globe, Association pour le Développement Communautaire.

Contact Presse : Anne Cassiot – 01 55 25 70 13 

Réseau des Mutuelles du Fouta-Djallon : Comment mutualiser le risque entre plusieurs mutuelles ?

Le REMUFOUD, Réseau des Mutuelles du Fouta-Djallon (basé en Moyenne Guinée) a vocation à devenir une structure faitière opérationnelle au service du mouvement mutualiste.

A ce jour, le REMUFOUD, créé en 2011, rassemble des mutuelles de santé soutenues par le projet Santé Pour Tous (soit 12 mutuelles de santé à l’heure actuelle). Ce Réseau a en charge :
  • d'organiser un dialogue et des échanges de bonne pratiques entre les mutuelles de santé membre, à travers l'organisation de réunions trimestrielles
  • de faciliter la mise en place de l'inter mutualité pour la prise en charge des mutualistes dans toutes les mutuelles de santé
  • de mener des actions de plaidoyer communes auprès des autorités sanitaires, notamment par leur participation aux Comités Techniques Préfectoraux et Régionaux de la Santé et la construction d'action communes au niveau national avec le Réseau des Promoteurs de la Protection Sociale en Guinée (PPSOGUI)
  • d'accompagner les mutuelles dans les démarches de sensibilisation et d'adhésion des populations

Les mutuelles de santé membres souhaitent désormais aller au-delà. Elle veulent mettre en œuvre des dispositifs de soutien communs en partageant les risques et les enjeux de développement entre toutes les mutuelles.

Pour ce faire, un travail de fond est en cours depuis octobre 2014 associant toutes les parties prenantes, en particulier les élus des mutuelles. Le travail se déroulera en 3 étapes fondamentales :
  1. L’organisation d’un atelier avec les élus mutualistes : pour revisiter les besoins exprimés par les élus et les prioriser
  2. L’étude de faisabilité technique : avec la contribution de l’équipe technique
  3. La finalisation des scénarios techniques et la restitution auprès des parties prenantes
 
En résumé, les réflexions portent sur les points suivants :
  1. Prêts pour les mutuelles de santé en défaut de paiement. Cette situation ne s’est encore jamais présentée (pas de mutuelle de santé qui n’a pas été en mesure d’honorer les factures présentées par l’offre de soin et qui a dû fermer). On ne peut pas exclure cependant que de tel cas arrive dans le futur, que les mutuelles de santé se retrouvent alors en situation de défaut de paiement.
  2. Prêts à l’offre de soin conventionnée avec les mutuelles de santé. Cela peut notamment permettre l’achat de médicaments, le renouvellement du stock et éviter ainsi les ruptures en médicaments.
  3. Prêts pour les communautés pour le paiement de frais liés à la santé de la communauté quand celle-ci prend par exemple en charge un personnel contractuel (non rémunéré par l’État en cas d’absence de personnel de soin à proximité). Ce type de situation concerne essentiellement les zones rurales (et non les mutuelles de santé urbaines) où les communautés prennent parfois en charge un personnel contractuel pour assurer des soins de proximité dans des secteurs éloignés.
  4. Prêts aux mutuelles de santé pour le développement d’activités génératrices de revenus. Cette forme de prêt vise à favoriser l’autonomie financière.
  5. Prêts à la mutuelle de santé pour développer les activités de sensibilisation/adhésions des populations à la mutuelle de santé. Le réseau et les mutuelles ont à cœur de pouvoir mener les campagnes d’inscription chaque année pour consolider les effectifs des mutuelles car sans adhérents, pas de mutuelle de santé.
  6. Renforcement de l’inter-mutualité. L’inter-mutualité permet à un mutualiste d'être pris en charge par la mutuelle de santé d’une autre localité lorsqu’il est en déplacement. L’inter-mutualité passe actuellement par des conventions bilatérales entre des mutuelles proches géographiquement, mais toutes les mutuelles n’ont pas signé ce genre de conventions entre elles.
  7. Cofinancement pour les mutuelles de santé (ex : pour équipement des structures sanitaires conventionnées). Il s’agirait d’un appui dans la recherche de nouveaux partenaires au développement par les mutuelles de santé en créant un fonds dédié au cofinancement de micro-projets de développement.
  8. Prise en charge des soins secondaires. Les cotisations des mutualistes permettent actuellement uniquement de couvrir les soins primaires. La prise en charge des soins secondaires (hospitalisations…) est une réelle demande mais implique un niveau de cotisation supérieur et une assise (en termes d’effectifs) plus large.
  9. Prise en charge de prime de motivation des personnels soignants. Etudier la prise en charge par le réseau de primes de motivation pour les prestataires participant activement au développement des mutuelles et s’efforçant de proposer des soins de qualité (accueil des mutualistes…) pour encourager encore davantage leur engagement en ce sens.
Auteur : Mamadou Malia BAH, Assistant technique du REMUFOUD/ chargé de communication PPSOGUI.

Retour sur la Mission Burundi octobre 2014


Du 21 septembre au 5 octobre 2014, Essentiel s’est rendu en mission au Burundi avec un double objectif :
  • Visiter et faire l’évaluation du projet pilote de « santé sexuelle des pêcheurs et mareyeuses de Rumonge – étude, sensibilisation, prise en charge et suivi » qu’elle mène en partenariat avec la SWAA Burundi (Society for Women against AIDS in Africa) depuis 2013 en collaboration avec le Conseil Régional des Pays de la Loire (dans le cadre du volet santé de la coopération Pays de la Loire – Burundi)
  • Évaluer les besoins et la situation locale sur la question de l’accès aux soins des populations.
Le bilan du Poste de santé sur le port de Rumonge est très positif avec un impact des séances de sensibilisation et des dépistages menées sur les questions sanitaires (VIH, planification familiale, paludisme, hygiène..) ressenti par l’ensemble des acteurs anitaires de la zone. La proximité et la rapidité des soins sont très appréciées par cette population de pêcheurs marginalisée. Des aménagements sont à finaliser pour optimiser la visibilité et la confidentialité du poste de santé (panneau, barrière...). 
 
Depuis 2008, plusieurs mutuelles de santé communautaires ont vu le jour au Burundi, principalement autour des corporations de caféiculteurs, pour palier au système de santé défaillant. La question de la protection sociale est aujourd’hui en débat au niveau national et il est donc nécessaire pour les mutuelles de santé de se positionner stratégiquement dans la refonte du système de protection sociale. Dans ce cadre, la communauté des pêcheurs souhaite constituer une mutuelle de santé.