jeudi 8 décembre 2011

L'autonomisation des partenaires du Sud

La parole aux associations Transmad et Nantes-Guinée

Chaque année, plusieurs associations, lauréates de l’appel à projets de solidarité internationale, sont invitées à faire part de leur expérience et de l’état d’avancement de leurs actions. La notion d’autonomisation des projets était l’un des sujets abordés cette année. Retrouvez les témoignages des membres des associations Transmad Développement et Nantes Guinée.


Guillaume Belaud, Transmad Développement
Trans Mad Développement fait partie des structures distinguées en 2011. L’association s’investit auprès de la population malgache, notamment dans le domaine de l’accès à l’eau potable.
Guillaume Belaud, directeur, explique : « Notre association travaille directement avec les collectivités locales en appui à la maîtrise d’ouvrage. Nous opérons ensuite les transferts de compétences pour que les installations perdurent et restent salubres. D’importantes études sont toujours menées en préalable des projets pour s’assurer des capacités d’autonomisation future. Mais il faut aussi un important volet d’information et de formation auprès des usagers, en lien avec les pouvoirs locaux, et assurer un suivi régulier. C’est un vrai défi. »

Emmanuelle Caillé, Nantes Guinée
Spécialisée dans l’amélioration de l’accès aux soins en Guinée-Conakry, Nantes-Guinée contribue à la création de mutuelles de santé pour pallier la carence du système de prévoyance local réservé aux fonctionnaires et aux salariés de grandes entreprises.
« L’autonomie des acteurs est un objectif en soi », précise Emmanuelle Caillé, coordinatrice de l’association. « Quand on vit avec très peu de moyens en Afrique, cotiser pour anticiper un risque, auquel on espère ne pas être confronté, est un concept compliqué. Il est donc indispensable que les populations locales adhèrent à la démarche pour qu’elle perdure. Notre rôle est d’apporter de l’expertise et de la transférer de façon pérenne aux nouveaux experts locaux. » Sept mutuelles fonctionnent aujourd’hui au Fouta Djalon, région de moyenne Guinée. 4 500 personnes sont prises en charge pour des soins primaires et de petits actes chirurgicaux.



Article tiré de http://www.loire-atlantique.fr/jcms/cg_198078/l-association-transmad-et-au-collectif-nantes-guinee

lundi 3 octobre 2011

Assemblée Générale de la Mutuelle de la Fédération des Artisans de Labé

Les mutualistes de Labé se sont réunis le 29 septembre pour tenir leur Assemblée Générale. A l’ordre du jour, le bilan de l’exercice 2010-2011, des débats et suggestions sur les difficultés rencontrées en cours d’année, des orientations pour l’exercice en cours et les années à venir, l’élection du Conseil d’Administration.

Etaient présents les élus de la Fédération Préfectorale des Artisans de Labé ainsi qu’une quarantaine d’adhérents, représentant divers composantes de la mutuelle : les artisans, mais aussi le groupement des femmes de Walli Labé, les bouchers, les plombiers… Etaient également conviés lors de cette AG, les étudiants et professeurs de l’université de Labé, les taxis motos, le chargé de la sécurité routière de Labé, la Direction Préfectorale de l’éducation. La Coopération Allemande était également représentée.


La question de la disponibilité des bénévoles pour faire face à l’ensemble des activités de suivi, de médiation et de gestion quotidienne de la mutuelle a été au centre des débats. Le Conseil d’Administration a été renouvelé en mettant en avant le critère de disponibilité des membres.


Pour appuyer le CA, une proposition des élus de recruter un permanent au siège de la Mutuelle a été adoptée. Les adhérents voient d’un bon œil cette évolution qui permettrait d’avoir un répondant permanent afin d’améliorer la communication en centre urbain autour de la mutuelle. Le CA et le projet Santé Pour Tous ont prévu de travailler sur la faisabilité de cette proposition afin de repréciser les besoins.


Parmi les difficultés évoquées, celle du développement des effectifs est la plus présente. Les élus expriment leur difficultés à convaincre les gens malgré les sorties de sensibilisation : "tant qu’ils ne sont pas dedans et qu’ils ne bénéficient pas, les gens restent sur leur garde par rapport à la mutuelle". Pour les élus, convaincre leurs pairs du bien fondé du système est ce qui leur prend le plus de temps.
Les élus et le médecin conseil du projet ont apporté un témoignage sur la situation exemplaire dans deux centres de santé de la commune urbaine où deux femmes chef de centre de santé, travaillent en très bon terme avec les mutualistes : les conventions et les tarifs sont respectés, les diagnostics sont bons. Des remerciements sont adressés aux deux femmes pour leur engagement au service des mutualistes.

jeudi 29 septembre 2011

Amélioration de la santé à Kundara...

L’association « Les enfants du Badiar » et son partenaire local ASEPE ont engagé une réflexion pour l'amélioration de l'accès à la santé de la population de Kundara (Nord Guinée). En ce sens, Nantes-Guinée a été sollicité pour apporter son appui et son expertise dans le domaine de la santé en Guinée.

Préalablement à la mise en place de ce projet, un diagnostic est en cours afin d’analyser la faisabilité technique et économique d'alternatives à même de répondre aux besoins en matière de santé dans cette zone. Un travail de concertation avec les structures sanitaires locales s’avère de même nécessaire afin de définir au mieux les préalables à la bonne marche du secteur de la santé et à l’amélioration de l’offre de soins…

Il est bien entendu qu’un travail de sensibilisation et de prévention en santé doit être mené parallèlement auprès des populations.

L’importance de la population de la zone de Kundara, l’existence préalable de structures sanitaires (hôpitaux, centres de santé…) et la motivation des parties prenantes laissent présager la mise en place d'altenatives viables à même de relever les défis auxquels fait face la population de Kundara en matière de santé…

mercredi 28 septembre 2011

CARREFOUR DE LA SOLIDARITE INTERNATIONALE



Une journée d’échanges et de réflexions se tiendra à Nantes le 3 novembre 2011 dans le cadre du Carrefour de la Solidarité Internationale organisé par le Conseil Régional des Pays de la Loire.



Le thème qui sera traité par la Plate Forme Guinée lors de cette journée :
«Quelles pratiques de coopération dans l’accompagnement du processus de démocratisation ?»

La Plate Forme Guinée des Pays de la Loire regroupe des acteurs ligériens , qui agissent en Guinée et en France au bénéfice des populations Guinéennes. Les actions des membres de cette Plate Forme s’inscrivent dans des domaines divers tels que la santé, l’éducation, l’agriculture, l’eau et l’assainissement…

Cet atelier de réflexions sera l’amorce d’un travail collectif destiné à réinterroger nos pratiques et de dégager une production collective à destination des membres de la Plate Forme, de nos partenaires, des acteurs de la solidarité internationale et des collectivités engagées dans la coopération internationale.

Les enjeux de cet atelier :
-Réinterroger nos modes de coopération et leurs influences sur les actions engagées par les pouvoirs publics et la société civile Ici et Là-bas vers un développement plus harmonieux…
-Repérer les leviers d’actions de solidarité internationale à même de participer aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, à plus de démocratie, à plus d’équité sociale…
-Souligner les apports du monde associatif et de la société civile à la définition des politiques publiques et des politiques de coopération…
-Engager une réflexion vers une plus grande autonomie du monde associatif face à ses besoins de financement…
-Améliorer la connaissance de la Guinée et de son contexte en soulignant les enjeux très forts d’accession à la démocratie.
-Permettre une meilleure connaissance des acteurs impliqués en Guinée afin de faciliter la mutualisation des expériences.

Les membres de la Plate Forme Guinée sont : AGUR France, Chaîne Informatique Sans Frontières, Coopération Atlantique, Les Enfants du Badiar, Les Francas Pays de la Loire, Nantes-Guinée, Univers-Sel.

mardi 20 septembre 2011

Opérationnalisation du projet associatif... des réflexions en partage

Chaque année Nantes-Guinée organise un temps de réflexions afin d'échanger sur les enjeux de l'évolution de ses actions sur le terrain, de croiser les visions sur l'évolution du projet associatif, de partager les points de vue sur les partenariats en cours et à venir...

Cette année, ce séminaire s'est tenu le 29 août dernier. Il avait pour objectifs d’alimenter la réflexion sur les implications concrètes et opérationnelles du nouveau projet associatif dans le cadre du processus d’autonomisation de notre équipe locale.

Ce temps fort de l’association a aussi été l’occasion de réinterroger la mise en place de nouveaux partenariats et de nouveaux projets qui seront développés par Nantes-Guinée.
Toutes les propositions qui ressortent de ce séminaire ont permis d'affiner un cadre opérationnel concernant :
- la stratégie d’intervention de Nantes-Guinée,
- le niveau d’engagement de l’association avec ses partenaires...


Les réflexions, portées collectivement ont de même permis de définir les orientations opérationnelles à même de faciliter la création de nouveaux partenariats.

Un second séminaire est programmé le 16 décembre prochain afin notamment d’approfondir les aspects liés aux processus de décisions.



jeudi 23 juin 2011

l’Assemblée Générale de Nantes-Guinée

l’Assemblée Générale de Nantes-Guinée se déroulera le Samedi 2 juillet 2011, de 10h00 à 12h30 A l'espace COSMOPOLIS
18, rue Scribe – Passage Graslin – 44000 Nantes

A l'ordre du jour :

Validation du Procès Verbal de l’Assemblée Générale du 25 juin 2010
Présentation et validation du rapport d’activité 2010
Présentation et validation du rapport financier 2010
Rapport d’orientation 2011
Budget prévisionnel 2011
Cotisations annuelles
Renouvellement du CA

A la suite de cette AG statutaire, un temps sera consacré à l’échange sur l’évolution de l’organisation de Nantes Guinée dans le cadre des orientations stratégiques adoptées.

mardi 14 juin 2011

Participation de Nantes-Guinée à l'Assemblée Générale du PROJEG

Les 26 et 27 avril, Nantes-Guinée a participé à l'Assemblée Générale du PROJEG à Fria.

samedi 1 janvier 2011

L'association FRATERNITE MEDICALE GUINEE.

Fraternité Médicale Guinée (FMG) est une ONG guinéenne, partenaire de Nantes-Guinée, notamment pour le volet médical du projet d'appui au développement des mutuelles de santé.

L'association FMG a été créée le 26 novembre 1994 par 9 jeunes médecins. C'était l'aboutissement d'un travail mené depuis 1987 par un groupe d'étudiants de la faculté de médecine de Conakry.

FMG délivre des soins primaires dans 4 centres de santé, 3 à Conakry, 1 à Kindia (développé avec la communauté depuis 2004 avec création d'un centre de santé en 2006, prise en charge de la maladie mentale…).

Chaque centre comporte :

* un médecin directeur
* une sage femme
* des agents techniciens de la santé (ATS), pour les soins, les vaccinations, les séances de nutrition et pour seconder le médecin, la sage-femme…
* des techniciens de laboratoire qui s'impliquent dans des programmes verticaux (tuberculose, lèpre, Sida) au niveau du dépistage, du suivi…
* un travailleur social (assistante sociale…)

L'effectif total est de 53 personnes.

A cette activités de soins de base, s'ajoutent des programmes spécifiques (faisant intervenir médecins et travailleurs sociaux)

1. Un programme de prise en charge de la santé mentale et de l'épilepsie, avec des démarches à domicile pour incitation à fréquenter les structures de soins.

Rappel : il n'y a aucune prise en charge de la maladie mentale en Guinée, les malades mentaux restant quelquefois enchaînés dans les maisons.

2. Un programme de réduction de la vulnérabilité des personnes atteintes du VIH et du SIDA, prostituées et leurs clients.

* prise en charge du Sida et des infections sexuellement transmissibles (IST)
* interventions sur le terrain (bars…) avec dépistage, traitement, orientation vers les structures de soins et suivi
* incitation des prostituées à devenir des co-éducatrices (formations sur le SIDA, les IST..)
* appui pour des activités génératrices de revenus avec une ONG sénégalaise (17 personnes concernées par des crédits pour des activités de remplacement)

NB. Pour éviter une stigmatisation, le suivi des prostituées et celui des malades mentaux se fait dans les centres de santé et non pas dans des structures spécifiques,.

3. Un programme de renforcement des capacités d'ONG et d'associations guinéennes dans le domaine de la santé (programme Relais, initié en collaboration avec 2 associations, l'AFVP et SONGES).

A cela s'ajoute aujourd'hui une réponse à un appel d'offre du Fonds Solidarité Sida Afrique pour la prévention et la prise en charge médicale et psychosociale des IST/VIH/SIDA à Conakry et à Pita en partenariat avec Nantes-Guinée et en lien avec l'investissement de la Région des Pays de la Loire dans le Fonds Solidarité Sida Afrique.

FMG a comme partenaires :

* Une ONG du Sénégal, "aide au 1/3 monde"
* L'UNICEF
* CMLC, ONG italienne, dans le champ de la santé mentale dans le cadre de la reconversion de la dette
* Nantes-Guinée

Autres partenaires pour des programmes spécifiques (GTZ, coopération allemande, sur les mutilations féminines), PNS (Programme national SIDA), CNLS (Coordination nationale SIDA).

FMG participe à toutes les instances du service public : comités techniques communal, régional, national (mais invitations non systématiques pour le national).

Contact Dr Sow samoa.gui@biasy.net

Du tourisme solidaire en Guinée…

Du tourisme solidaire en Guinée…

L'association "FOUTA TREKKING AVENTURE" propose des randonnées dans le Fouta Djallon en groupe sur 6 jours, ou à la journée.

Contact FTA (Fouta Trekking Aventure). BP 120. LABE Guinée Conakry.
60 57 02 79 / 60 23 10 48
www.foutatrekking.org

LE PROJET DE "MEDECINE DE FAMILLE EN GUINEE".

LE PROJET DE "MEDECINE DE FAMILLE EN GUINEE".

Une mutuelle de santé doit garantir un accès aux soins à ses adhérents et pour cela disposer des services de médecins et d'infirmiers privés et/ou de centres et postes de santé publics. Mais comment concilier une offre de soins de qualité, une bonne gestion des mutuelles indispensable à leur développement et un mode d'exercice qui permettent aux soignants des conditions de travail et de vie décentes ? De cette réflexion, confrontée à l'expérience de Santé sud au Mali et à Madagascar est née l'idée de travailler sur le concept de "médecine de famille en Guinée".

L'idée retenue est que les médecins de famille guinéens du XXIème siècle :

*
puissent exercer leur métier et en vivre,
*
délivrent des soins à toute la population, notamment aux populations rurales,
*
acceptent et développent un mode exercice prenant en compte le soin, mais aussi la prévention, la dimension communautaire,
*
s'engagent à une pratique médicale de qualité supposant un savoir (formation initiale et continue), un savoir faire (réponses adaptées aux besoins et aux moyens), un savoir être (qualité de l'accueil, respect des malades, écoute...)
*
s'inscrivent dans une démarche partenariale avec les mutuelles de santé, quand elles existent.

Pour définir cette notion succinctement par la négative : il ne faut pas que la seule perspective des médecins guinéens soit un exercice limité à Conakry, de statut précaire, avec une pratique isolée, de faible impact sur l'état de santé de la population, sans lien significatif avec les besoins. La plupart des expériences menées dans le secteur privé montrent que les médecins ne sont jamais seuls ; leur mode d'exercice s'inscrit au sein d'une structure regroupant des compétences complémentaires (techniciens de laboratoire, infirmières, sages-femmes), d'autres employés complètent le dispositif. Ces compétences représentent des professionnels de santé exerçant la médecine de famille.

En préalable trois conditions sont indispensables pour y parvenir :

1.
la volonté partagée par le Ministère de la santé publique et le Gouvernement guinéens et leurs soutiens à un tel projet,
2.
l'association des médecins guinéens au processus, tant au niveau de la conception que de la réalisation, en privilégiant une démarche "volontaire" pour les projets pilotes retenus,
3.
l'appui des partenaires au développement et la mobilisation de moyens pour en permettre la réalisation.

Potentialités existantes.

Sur le plan d'une expérience pilote à définir des potentialités sont pressenties avec :

*
les projets et les réalisations déjà menés, entre autres, par SPLS, par "Fraternité Médicale Guinée" (FMG)...
*
la volonté affichée des Doyens des facultés de médecine de Conakry et de Nantes à s'engager dans un projet d'accompagnement professionnel des médecins de famille "candidats" (programme d'apprentissage/compagnonnage) à partir du projet professionnel du médecin de famille propre à la GUINEE (formation continue). Cette volonté se retrouve dans la volonté de développement d'une formation initiale en réponse aux besoins prioritaires de la population et dans l'intention de travailler en partenariat avec les autres acteurs (Nantes-Guinée, SPLS, FMG...) sur le concept de médecine de famille (par exemple, les médecins des centres de FMG et de SPLS pourraient être des maîtres de stage pour les étudiants de dernière année de médecine),
*
l'existence de mutuelles de santé permettant un accès aux soins et par là même offrant un débouché professionnel aux médecins,
*
des communautés partenaires : le médecin de famille doit participer au programme de développement de la communauté, c'est-à-dire oeuvrer à sa mise en œuvre et encourager les initiatives porteuses (système de solidarité sous toutes ses formes, avec par exemple les mutuelles).

De plus, la mobilisation de formateurs de l'Université de Laval et de Sherbrooke déjà intervenus dans le contexte de l'évaluation externe de la faculté de médecine de Conakry (mission CIDMEF/OMS, nov.-05) permettrait un apport d'expertise dans l'élaboration des curricula relatifs aux compétences attendues du futur médecin de famille en réponse aux problèmes de santé en GUINEE

Il pourrait paraître paradoxal de vouloir concrétiser avant d'avoir adopté une définition commune, mais le partenariat mis en place, sur les îles de Loos, entre "Nantes-Guinée", SPLS et la MUSIL doit pouvoir constituer une expérience pilote qui va dans le sens de l'idée de "médecin de famille" et qui mérite, à ce titre, d'être prise en compte dans le cadre d'une démarche de recherche-action.

La mutuelle (Musil), appuyée par "Nantes-Guinée" permet un accès aux soins pour les mutualistes dans le cadre d'une démarche participative fondée sur les valeurs de solidarité et elle offre un outil de travail aux professionnels de santé de SPLS (par délégation du service public). A la responsabilité économique (après sensibilisation à la gestion) du médecin de SPLS détaché, s'ajoute son rôle à jouer (avec d'autres) dans la définition de la notion de médecine de famille en harmonie avec sa pratique.


AVANCEE DU PROJET, PERSPECTIVES DE TRAVAIL...

Depuis juin 2006, un groupe de travail s'est constitué à Conakry, avec le Dr Le Vigouroux, le Pr Moussa Koulibaly, Doyen de la faculté de médecine, le Dr Sow de FMG et le Dr Sauyers de SPLS, en lien avec le Dr Coutant à Nantes.

Le concept de "médecine de famille" a pu être précisé et l'étape suivante sera la tenue d'un séminaire national à Conakry réunissant étudiants en médecine, jeunes diplômés en voie d'insertion, autres professionnels de santé (sages-femmes, infirmières), organismes de formation, représentants des usagers, leaders d'opinion... Il s'agira de partager les expériences en cours et d'échanger des informations pour faire un état des lieux de la médecine de famille, de mener une réflexion concernant le projet de promotion de la médecine de famille en Guinée au XXIème siècle, de voir comment aider à l'insertion professionnelle des futurs professionnels de la médecine de famille en tenant compte des déséquilibres zone urbaine / zone rurale, de voir comment intégrer l'approche santé dans les projets de développement à l'échelon local...

Parallèlement les acteurs impliqués dans le projet vont travailler à la définition de profils professionnels souhaités pour la pratique de la médecine de famille, dans des domaines qui relèvent directement de leurs compétences et qui correspondent aux réalités du terrain en GUINEE ; par exemple l'hygiène des locaux, la qualité de l'accueil, la compétence des agents de santé, les référentiels utilisés pour les diagnostics et les traitements, l'usage des examens complémentaires, la bonne gestion de la pharmacie, l'organisation du suivi des malades, la définition et la réalisation de programmes de prévention, la mise en place d'une formation continue adaptée (échanges de pratiques...), les connaissances et les compétences à avoir pour une bonne gestion...


***

S'il était indispensable de rappeler ci-dessus les trois conditions préalables à remplir pour amorcer un travail sur un projet de médecin de famille en Guinée (volonté des autorités guinéennes, participation des médecins guinéens, appui et obtention de moyens), son développement suppose encore l'adhésion et la participation d'autres acteurs partageant les mêmes objectifs tout comme la découverte de réalisations similaires menées ailleurs.

A la notion de démarche participative de la population en santé communautaire, il faudra demain associer la démarche participative des soignants en médecine de famille.


Les acteurs à l'initiative du projet :

Le Docteur Alain Le Vigouroux (Ministère Français des Affaires Etrangères) est Conseiller du gouvernement en santé publique, chargé des questions de gestion et formation des ressources humaines en santé. A ce titre, il participe à l'élaboration, à la mise en œuvre et au suivi du plan de développement des personnels médicaux et paramédicaux, à la poursuite de la réforme du contenu pédagogique des enseignements, afin qu'ils soient mieux adaptés aux nécessités du pays, ainsi qu'à la restructuration pédagogique de la FMPOS (Faculté) en consolidant les appuis des partenaires hospitalo-universitaires en cours (CHU de Nantes, Rennes et Toulouse).

Le Docteur Daniel Coutant, Président de "Nantes-Guinée", a eu en particulier une expérience de médecin de centre de santé expérimental à St Nazaire puis de réseau de santé et de médecin généraliste enseignant à la Faculté de médecine de Nantes, avant d'être chargé de mission en prévention et promotion de la santé à Mutuelle Atlantique à Nantes. L'Association "Nantes-Guinée" est composée de la Mutualité de Loire Atlantique, de Mutuelle Atlantique et du Comité central d'entreprise, de la Ville de Nantes et du CHU de Nantes.

Le Professeur Moussa Koulibaly, Doyen de la Faculté mixte de médecine, pharmacie et odontostomatologie (FMPOS) de Conakry, mène avec son équipe un processus de changement se traduisant par la mise en place d'un plan d'action stratégique institutionnel dont les priorités ont été retenues lors d'une évaluation externe menée par une équipe de pairs francophones

Le Docteur Abdoulaye Sow est coordonnateur du projet associatif "Fraternité Médicale Guinée" ; fonctionnant depuis plusieurs années dans la banlieue de Conakry. Ce projet regroupe plusieurs dispensaires de soins comprenant des compétences complémentaires (médecins, sages-femmes, infirmières, laborantins). La compétence des professionnels de santé est reconnue à l'extérieur de Conakry par la population. Ce projet a été appuyé par la Coopération française et la coopération japonaise. L'Institut médical tropical (IMT) d'Anvers reste le partenaire privilégié du projet.

Contacts : Dr Alain Le Vigouroux alvbmw@yahoo.fr ; Dr Daniel Coutant : dcoutant@club-internet.fr


Projet "Médecine de famille en Guinée". Octobre 2006.

LE PARTENARIAT VU DU SUD.

Le Docteur Abdoulaye Sow est le Directeur de Fraternité Médicale Guinée (FMG www.ong-fmg.org). Il a écrit pour la Revue Pratiques* N° 46, un article relatant la création de FMG et les valeurs qui y sont toujours défendues.

En 1987, un groupe d’étudiants de Conakry décide de créer une association « savante » à vocation humanitaire. C’est la naissance du cercle scientifique de la Faculté de médecine de Conakry.

Cette association composée d’étudiants de toutes les promotions se donne pour objectif de venir en aide à leurs pairs pour acquérir d’autres connaissances que celles données par la Faculté. Il s’agit de mettre sur pied, au sein de la Faculté, des conférences débats, des concours scientifiques, de diffuser des communiqués de presse, d’établir des contacts avec les autorités… Parallèlement, ces étudiants se mettent au service de la population en organisant des campagnes de sensibilisation, des séances de vaccinations de masse, etc. Les pionniers soutiennent leurs thèses et effectuent des stages dans les hôpitaux nationaux, des vacations dans les cliniques privées…, avec des engagements qui sont confortés en 1994 à l’occasion d’une épidémie de choléra. L’épidémie se déploie sur tout le territoire, mais particulièrement à Conakry avec une forte mortalité dans les quartiers pauvres et enclavés. La dynamique d’entraide du départ est relancée avec des médecins qui sortent de la Faculté. Coïncidence heureuse ou malheureuse, à la même époque, ces jeunes médecins sont révoltés de leur situation dans les hôpitaux nationaux où ils sont mal reconnus socialement (pas de salaires, aucune responsabilité dans la gestion des services, mais des jours de gardes et de permanences qui se succèdent). Neuf d’entre eux décident de s’extraire de leur situation de chômeur ou plutôt de « travailleur sans salaire, ni reconnaissance ». Ils créent ainsi leur amicale de médecins qu’ils baptisent « Fraternité Médicale Guinée » (FMG). La vocation de départ ne change pas, mais se professionnalise avec comme objectif : apporter une assistance médico-sociale aux personnes en détresse, où qu’elles se trouvent, et leur redonner espoir.

De la clandestinité à la reconnaissance.
Très tôt appréciée par la population et les institutions internationales, FMG mettra un an pour être reconnue par les autorités administratives et quatre ans contre vents et marrés par les Autorités sanitaires. Elle dispensait déjà, dans la « clandestinité », des soins dans deux centres de santé qu’elle a créés avec les cotisations de ses membres qui travaillent bénévolement dans les quartiers, en mettant leurs compétences au service de la population. FMG gagne la sympathie de MSF Belgique. Finalement, mis devant le fait de la reconnaissance de la population des quartiers desservis, de la pression des institutions internationales (OMS, Union européenne) et des ONG (MSF Belgique), le ministère de la Santé signe avec FMG la première convention tant attendue et l'autorise à délivrer à la population des soins qu’elle recevait déjà avec satisfaction…

Pas d’humanitaire au sud, sans se préoccuper du développement…
Au Sud où le seuil de pauvreté est supérieur à 40 % dans plusieurs pays, toute démarche à visée humanitaire devrait être assortie d’une ferme volonté de développement, ce qui suppose des choix pertinents. C’est en cela que FMG s’attelle aujourd’hui. A son actif, quatre services de santé de premier échelon, dix préfectures et cinq communes urbaines couvertes par ses actions : santé mentale, prise en charge médicale et psychosociale des groupes vulnérables (PVVIH, enfants de rues, professionnels du sexe, malades tuberculeux…), lutte contre les mutilations génitales féminines, appui à l’offre de soins dans le développement des mutuelles de santé, formation et encadrement des étudiants…, avec 60 salariés, une vingtaine de bénévoles et une équipe de direction à l’avant-garde. C’est ce qui fait aussi que FMG, sollicitée par pratiquement toutes les ONG du Nord impliquées dans le champ de la santé, les oblige de fait, à des relations partenariales fondées sur le respect réciproque, en référence à des valeurs affichées et se traduisant par du « donnant donnant », un concept qui n’a rien de péjoratif ici, mais qui, au contraire, donne tout son sens à la solidarité et à l’humanitaire. *Revue Pratiques